Pèlerinage en Terre Sainte, jour 3 : fennec voleur, oasis pleine de vie et Mer morte

Récit : Virginie
Photos : Vimala, Bruno et Cécile

Notre première nuit dans le désert. La première du pèlerinage, mais pour beaucoup d’entre nous, la première depuis toujours.

Comme Alain, notre guide, nous l’avait précisé, le Néguev est un désert très fréquenté. Il ne croyait pas si bien dire. Au milieu de la nuit, alertée par un bruit de vaisselle renversée, je me dresse sur tapis de sol pour découvrir, face à moi, l’ombre d’un visiteur qui se découpe dans l’obscurité. Il a deux longues et larges oreilles, et me fixe, l’air mi-inquiet, mi-intrigué. Je pense que je dois lui faire la même impression. Nous échangeons un regard, puis il s’éclipse sur la pointe des pattes. Ce fennec et ses comparses sont revenus un peu plus tard, mieux organisés, et nous ont détroussés sans vergogne. Heureusement, sœur Monica les a chassés avant qu’ils ne fassent trop de dégâts ! C’est donc allégés de trois paquets de pain de mie que nous prenons, au petit matin, après avoir célébré les laudes et la messe, la route de l’oasis d’Ein Gedi.

Sur la route, nous faisons deux haltes, pour contempler le désert depuis le haut de la « boutonnière du Makhtesh Ramon » (une boutonnière, en géologie, est une dépression creusée par l’érosion laissant voir les différentes couches géologiques), et pour visiter une citerne nabatéenne… L’entrée de celle-ci est quasiment invisible, bien malin qui pourrait la trouver !

Nous arrivons à Ein Geddi. Il paraît que ce sont ces chutes d’eau qui auraient inspiré une partie du Cantique des Cantiques, et nous comprenons pourquoi. « Mon bien-aimé, pour moi, est un rameau de cypre parmi les vignes d’Enn-Guèdi. » Ce lieu est une invitation à l’amour et à la contemplation. Nous profitons donc d’un coin ombragé pour réfléchir à un extrait du livre de David, puisque c’est ici qu’il se cacha pour échapper à Saül. Des hommes héroïques, pour sûr, mais aux yeux du père Bruno, ce jour-là, « les vrais héros, c’étaient ceux qui portaient des claquettes et escaladaient avec détermination tous les rochers les plus glissants ! »

Vient l’heure de déjeuner puis de faire la vaisselle. Les binômes sont très efficaces et en un rien de temps, nous remontons dans le bus pour notre prochaine étape : le site archéologique de Qumran, en Cisjordanie. C’est ici qu’ont été retrouvés les fameux manuscrits de la Mer Morte.

Face aux falaises abruptes et désertiques, Alain nous explique qu’il n’y a sur ce lieu pas moins de onze grottes dans lesquelles ont été retrouvés les plus vieux exemplaires connus de l’Ancien Testament. Ils datent du vivant du Christ et ce détail, comme à chacune de nos visites, mêle l’émotion à la connaissance. N’est-ce pas d’ailleurs ce qu’il se produit chaque fois que l’on étudie la Bible ? En somme, nous comprenons vite que ce voyage s’apparente à une grande catéchèse incarnée.

Devant nous se découpe très nettement l’une des grottes qui servaient probablement de bibliothèque. C’est en tout cas l’hypothèse la plus probable : des centaines d’écritures différentes ont été trouvées, ce qui montre que les manuscrits ont certainement été copiés à divers endroits. Peut-être ont-ils été entreposés dans ce lieu afin qu’il leur serve de cachette ? Mais, par qui ? Des révoltés ? Des Esséniens ? Les deux ?

En contrebas de ces falaises, nous arpentons le cimetière où reposent les seules personnes à avoir les réponses à nos questions.

Nous traversons le site qui abrite plus de mille tombes, dont certaines sont occupées par des femmes… Visiblement, nos connaissances sur les mœurs des Esséniens sont loin d’être complètes.

L’esprit tout à nos réflexions, nous retournons au bus. Dans un autre registre, la suite de notre après-midi est tout aussi réjouissante : rendez-vous à la Mer Morte pour une heure de baignade !

Arrivés sur place, nous n’avons qu’une envie, piquer une tête et vérifier par nous-mêmes si l’on flotte vraiment. Mise en garde immédiate de notre guide : il est impératif d’entrer en douceur, car la moindre goutte qui se retrouverait dans nos yeux nous laisserait un souvenir amer – un comble pour une eau aussi salée.  La salinité de la Mer Morte avoisine en effet les 30%. À titre de comparaison, en se baignant en Bretagne ou dans le sud de la France, on ne dépasse pas les 4% de sel. En conséquence… on flotte bien ! Et même si cette parenthèse récréative n’était pas particulièrement rafraîchissante au vu de la température de l’eau (entre 35 et 40°C), nous sortons ravis (et poisseux) pour nous rendre à notre dernière étape de ce troisième jour : les clarisses de Nazareth qui nous hébergeront pour quelque temps.

La sœur hôtelière nous accueille et nous fait découvrir les lieux, notamment le petit promontoire qui fait face à la chapelle de l’Annonciation, et où nous pourrons dire les complies chaque soir…

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